De la finance à l’art contemporain, Rencontre avec Raphaël Isvy.
Sa vision du marché de l’art en 2024, ses artistes favoris, sa reconversion, Raphaël Isvy nous dit tout.
Comment as-tu commencé à collectioner ?
J’ai commencé a collectionner en 2010, sneakers et cartes pokémon. Puis j’ai découvert le monde de l’art, en premier les éditions et l’art urbain autour de 2015 avant de tranquillement transitionner sur l’art contemporain et les originaux.
Quel a été ton premier achat ?
Mon premier print était surement Cleon Peterson, et ma première sculpture un toy de Kaws, mon premier original une toile de Mike Lee !
Quel a été ton dernier achat ?
J’ai beaucoup ralenti mes achats pour plusieurs raisons, j’ai plus de 100 œuvres et il faut donc parfois savoir prendre du recul et faire pause pour regarder la cohérence de la collection. Par ailleurs le marché a ralenti et je me dois d’être précautionneux. Enfin, je souhaite me concentrer sur moins d’achats mais sur des pièces encore plus « blue chip ». Mon dernier achat date d’il y a un mois achat est une belle toile de Tomoo Gokita en noir et blanc (marché secondaire)
Les artistes à suivre en 2024 selon toi
C’est difficile car au cours des dernières années nous avons vu une réelle explosion du marché de l’art et de nombreux nouveaux artistes. Je vois beaucoup de bonnes choses mais je cherche de l’exceptionnel !
Je dirais donc Eva Pade, un coup de cœur de longue date qui ne cesse de s’améliorer. J’aime beaucoup William Brickell et Grace Carney
Où achète-tu le plus fréquemment ?
La quasi-totalité de ma collection vient du primaire, mais ces mois ci je regarde plus le secondaire qui propose de meilleures opportunités d’achat que le primaire (enchères, dealers privés) Mes galeries préférées sont PPOW, PPP, Lelong, Mennour, Ropac, 56 Henry… et de nombreuses autres !
L’artiste que tu rêverais d’avoir dans ta collection ?
Anthony Gormley ou Nicolas Party sans aucun doute !
Ton oeuvre favorite de ta collection ?
C’est assez dur a dire, mais ce serait surement mon George Condo ! Un de mes artistes préférés !
Quel est ton regard sur l’afflux de nouveaux talents sur le marché ?
Comme je le dis plus haut, les artistes sont de plus en plus nombreux ; Instagram a permis de découvrir des centaines de nouveaux talents, c’est également de plus en plus dur de trouver quelque chose d’original, peu vu et beau ! Le fait de voir ces œuvres de façon digitale seulement rend la tache plus compliquée car ce que j’aime c’est la texture et l’intensité des couleurs qu’on ne peut pas voir derrière un écran ! Il faut se déplacer en foire, galerie et visiter des studios un maximum.
Quel type de pièces collectionne-tu le plus ?
J’ai 60% de toiles 30% d’œuvres sur papier et 10% de sculpture à peu près. Je n’ai quasiment plus d’éditions voir plus aucune.
Quels sont tes projets pour 2024 ?
Je refais tout mon appartement avec mon amie Sophie Dries, architecte de renom classée dans le AD100, le projet va être super j’ai hâte de vous le partager !
Je continue également la curation avec une artiste chez Almine Rech qui exposera sur différentes foires et un solo tout au long de l’année 2024 – Sylvia Ong. Et je continue à faire un peu de deal parmi mon réseau.
Penses tu que Paris est et restera une place importante dans le marché de l’art ?
Paris s’est transformée au cours des dernières années et selon moi, est passée largement devant Londres. Notamment grâce aux ouvertures de galeries de renom (Mendes Wood, Hauser & Wirth), Paris+, les fondations (Pinault, LV, Reiffers, Lafayette Anticipations…) et la culture qui était déjà omniprésente dans la ville !
Quelles sont tes prévisions pour le marché de l’art en 2024 ?
Pour moi le marché n’est pas près de repartir, je table sur late 2025 early 2026 minimum. Je pense que l’année sera calme, avec un retour continu à la « normale » sur le « juste prix » des choses, ou la qualité continuera de primer.
Quelles sont tes prévisions pour le marché des NFT en 2024 ?
C’est un monde a part, on voit parfois des « pump » non justifiés. La classe d’actifs globale repart bien depuis quelques mois, mais sa décorrélation de l’économie réelle me semble « anormale ». Une grosse correction ne me surprendrait pas. La récente validation de l’ETF BTC montre tout de même que le monde est prêt à faire une « mass adoption » de la crypto. Je suis passionné par Refik Anadol, artiste digital que je collectionne et que vous pouvez retrouver quasiment partout (Moma, boutiques Dior, Sphere O2…)