Kwong Wing Kwan Solo Show Galerie Cadet Capela : « Good Morning, Sweet Dreams. – Midnight Sun » – L’interview exclusive

Rencontre avec Kwong Wing Kwan à l’honneur de son premier Solo Show européen au sein de la galerie Cadet Capela, cette jeune artiste honkhongaise dont les œuvres transportent autant qu’elles fascinent, de par un travail d’observation, de lumière et de superpositions finement maîtrisé dont en découle de fortes émotions… Découverte.

Via luxe.net par Sarah Heitzmann.


Vous présentez maintenant votre premier Solo Show européen chez Cadet Capela, « Good Morning, Sweet Dreams. – Midnight Sun » – pourriez-vous nous conter votre ligne directrice ?

L’imaginaire de ce show se déroule entre le crépuscule et l’aube, sur les toiles se juxtaposent des paysages et leurs lumières, mais aussi ces jeux d’ombres intérieurs qui peuvent faire transparaître un certain contraste entre une sensation de tendresse et de violence ; une sensation de familiarité et de distance.

Mes œuvres réalisées pour le show « Good Morning, Sweet Dreams. – Midnight Sun » présentent ces paysages oscillant entre le jour et la nuit, des oeuvres au sein desquelles j’explore également le sujet du « chez-sois » et de l’engouement de chacun pour ce que l’on appelle « maison ». Une sensibilité venant du fait qu’à partir de 2021, mes parents et certains amis qui vivaient initialement à Hong Kong ont quitté leur foyer pour diverses raisons. Ainsi, ce qui chevauche les paysages apparemment familiers ne se limite plus aux lueurs séduisantes de l’éclairage domestique, mais aussi aux images de dégénérescence et de glamour éblouissant qui réveillent constamment la ville. Même lorsque l’on est à la maison, le sentiment du mal du pays prévaut constamment.

Comment avez-vous débuté votre parcours artistique ?

Quand j’étais enfant, j’étais souvent amenée à dîner avec ma famille et leurs amis de nationalités différentes. De par la barrière de la langue, il m’était difficile d’engager la conversation. Pour surmonter l’anxiété provoquée par cette frustration de ne pouvoir communiquer, j’ai trouvé mon réconfort dans l’art. Cependant, tout s’est sincèrement souligné lorsque mon frère est tragiquement décédé alors que je n’avais que dix ans. L’art est alors devenu pour moi un moyen d’exprimer toutes ces émotions qui m’étaient compliquées à partager : l’art est alors devenu ma forme de thérapie personnelle.

Quelles sont vos plus grandes influences et inspirations ?

Mes inspirations viennent de sensations telles que les perturbations, l’anxiété, la nature éphémère de la vie, les moments eux-même éphémères, la mortalité, la météo, la transformation, le concept du chez-soi, le désir d’être chez-soi, le jetlag et le manque de sommeil, la beauté des couchers et des levers du soleil, l’introspection, la distance, les souvenirs, l’expérience en tant que migrant, le besoin de sécurité, la présence de la lumière, les corps célestes, l’immensité de l’univers et le sentiment de solitude. L’inspiration peut se manifester sous diverses formes et se retrouver à différents endroits, tout comme la présence d’air et de particules. C’est comme si j’avais un capteur intégré capable de détecter l’inspiration, même s’il peut parfois ne pas fonctionner correctement. C’est souvent lorsque je suis détendue et que je ne la recherche pas activement qu’elle me vient plus facilement.

Pouvez-vous nous décrire votre processus créatif ? 

Concernant les grands paysages, je vais partir d’une couleur, telle qu’une couleur d’horizon, de rivage, de montagne ou même d’arbre puis je commence à faire des applats sur une toile, souvent avec du pastel afin de définir une composition. Cela n’apparait pas de manière stricte, comme on peut le voir sur certains de mes dessins où l’on peut apercevoir des couches mais on ne comprends pas vraiment ce qui est mer ou terre. C’est après que tout peut changer : ce qui était horizon peut devenir nuage… rien n’est préalablement définit.

Concernant les oiseaux, c’est différent. J’essaie de partir d’une forme figurative puis de ramener l’abstraction des paysages dans une forme déjà existante, ce qui est un autre processus. Je cherche à représenter des oiseaux en voie de disparition. Souvent je vais tenter de retrouver des formes de becs, de plumages, de griffes afin d’essayer de retrouver ce rendu. Un processus différent mais en peinture, on retrouve ces techniques de recouvrement et ces changements. Rien n’a été conçu par avance, je ne sais pas exactement ce que je vais faire avant de peindre.

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